derrière le rideau de pluie…

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michel séméniako, errances

… cette semaine la petite phrase extraite du roman photo « Derrière le rideau de pluie » de Guillaume Le Touze et Michel Séméniako :

« Au fil des années, j’ai grandi, tandis que mon père vieillissait, rien là de très original, sauf que ce double mouvement ascendo-descendant s’est déroulé sur deux parallèles qui, on s’en serait douté, jamais ne se rencontrèrent. Nos échanges demeurent courtois comme un déjeuner au consulat du Japon sur les terres volcaniques du Cap-Vert ».

Guillaume Le Touze, écrivain de l’absence et Michel Séménioako, photographe, Derrière le rideau de pluie, éd Thierry Magnier, 2007



la rage vitale d’eddy bellegueulle…

edouard_louis

 … le mardi c’est le moment des repérage littéraire qui marquent la maison Balguerie. Voici donc la belle chronique de Mister CuiCui qui vient de terminer le roman vie d’Edouard Louis, ou les mots comme rage sociale, le chemin est encore long et loin avant une banalisation tant attendue. Je viens de commencer l’ouvrage et je suis déjà captivé par cette belle écriture source de résistance et de vie :

Livre – Edouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule, Le Seuil

En finir avec Eddy Bellegueule, le sobriquet trainé depuis son enfance ou comment s’affranchir d’un milieu qui vous est hostile ? Edouard Louis a pourtant une belle gueule, vu à la télé, entendu sur les ondes, ce jeune, très jeune homme, si pertinent du haut de ses vingt et un ans, sait capter l’attention. Nous attendions avec impatience ce roman du sociologue, simple et perspicace, qui témoigne de sa fastidieuse existence de gay dans un milieu très populaire où aucune place à la différence n’est possible. La pauvreté matérielle, culturelle et relationnelle de sa famille du nord de la France est une souffrance quotidienne dont il veut s’extraire dès que cela est possible. Tout petit déjà ses gestes, sa voix révèlent une singularité insoutenable pour l’entourage qui tantôt élude par honte, tantôt agresse pour conjurer le sort. Tapiole et autres insultes, violence, incompréhensions sont l’équation de son éducation. Les mots justes, sans vengeance, offrent un éclairage limpide sur les fondements d’une partie de la société qui malheureusement n’a pas les moyens de s’ouvrir sur les questions humaines. Edouard Louis contre Eddy Bellegueule : plus qu’un coming out, une diplomatie.

Unknown



les miniatures de jean echenoz…

echenoz

photo, olivier roller, 2006

… cette semaine les petites phrases de Nelson, extraites du dernier recueil de 7  nouvelles de Jean Echenoz l’adoré, sortie le 3 avril dernier :

« Hiver 1802, manoir dans la campagne anglaise, l’amiral Nelson vient dîner. Les autres invités se pressent dès qu’il paraît au salon parmi les tentures, candélabres, cuivres, portraits d’ancêtres, peintures florales, fleurs. On l’admire alors qu’il revient de la bataille de Copenhague. Il a l’air fatigué, se dit-on mais qu’il est beau, pensent-elles. Fatigué, certes, il y a de quoi, après tout ce qu’il a vu ».

Jean Echenoz, écrivain de l’essence, Caprice de la reine , éditions de minuit, avril 14



en souvenir de Cap Cod…

Cape-Cod-National-Seashore-Massachusetts

source photo

… cette semaine le retour de la chronique littéraire de Mister CuiCui qui a lu avec délectation un roman situant son action dans la presqu’île de Cap Cod (Cap de la morue) aux USA. Souvenirs quand tu nous tiens…

Livre – Richard Russo, Les sortilèges du cap Cod, 10/18

Cap Cod, le doux rêve de nombreux américains de la côte est. La destination idéale des vacances ensoleillées où posséder un petit pied à terre rime avec réussite sociale. Ce vœu pieux aura bercé, motivé, puis insidieusement altéré voire gâter pour finir par envenimer les relations du couple parental de Jack. Le mariage de sa fille le conduit à nouveau vers ce lieu chargé de souvenirs estivaux. Au grand damne parental, ce paradis accessible grâce à la location seulement. Depuis peu, sa vie se complique quelque peu… séparation avec Joy, décès rapprochés de ses parents, rupture de contrat professionnel…bref, la galère et les remises en causes. La voix fantôme maternelle ponctue souvent ses propres réflexions, alimente ses rêves de disputes, de désaccords quant à l’interprétation des évènements de son enfance. Avec les deux urnes dans le coffre de la voiture, enfin décidé à libérer les cendres, Jack a l’esprit obnubilé par une crise existentielle revue et corrigée par celle de ses parents. Acide, réaliste, incontournable, perspicace et efficace, tout ça, oui.

Merci Mister CuiCui pour cette chronique et à très bientôt pour de nouveaux plaisirs littéraires à partager ici…

9782264053497

 



toujours MD…

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photo christo, focus de la couverture Télérama du 5 au 11 mars 14

… cette semaine la petite phrase de la sublime MD (Marguerite Duras) incontournable et incontournée ici et à Bruxelles je sais. A l’honneur des Unes lettrées (on oubliera l’inconsistant dernier numéro de Lire sur MD) pour s’intéresser rien qu’à son oeuvre essentielle et nécessaire à ma/nos vie/s :

« Face à la cheminée, le téléphone, il est à côté de moi. A droite, la porte du salon et le couloir. Au fond du couloir, la porte d’entrée. Il pourrait revenir directement, il sonnerait à la porte d’entrée :  » Qui est là. – C’est moi. » Il pourrait également téléphoner dès son arrivée dans un centre de transit :  » Je suis revenu, je suis à l’hôtel Lutetia pour les formalités. » Il téléphonerait. Il arriverait. Ce sont des choses qui sont possibles. Il en revient tout de même. Il n’est pas un cas particulier. Il n’y a pas de raison particulière pour qu’il ne revienne pas. Il n’y a pas de raison pour qu’il revienne. Il est possible qu’il revienne » (…).

Margerite Duras, écrivain de la douleur, in La douleur, POL

MD in Sur les docks, France culture…

 



la fille de mon meilleur ami…

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… cette semaine la petite phrase que dernier roman d’Yves Ravey, La fille de mon meilleur ami. Un romancier que j’aime beaucoup et dont j’adore lire les livres avec passion.

« Avant de mourir à l’hôpital militaire de Montauban, Louis m’a révélé l’existence de sa fille Mathilde dont il avait perdu la trace. Il savait seulement qu’elle avait passé des années en asile psychiatrique et qu’on lui avait retiré la garde de son enfant. Il m’a alors demandé de la retrouver. Et j’ai promis. Sans illusion. Mais j’ai promis. Et c’est bien par elle que tout a commencé ».

Yves Ravey, La fille de mon meilleur ami, éditions de minuit, 14

feuilleter quelques pages…



comment va la douleur ?

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… voici un livre que j’ai beaucoup aimé, qui a fait l’objet d’un téléfilm que je n’ai pas vu. Alors bonne question, comment va la douleur ? Quelques évocations maison via Mister CuiCui, suite à une lecture passion.

Livre – Pascal Garnier, Comment va la douleur ? Zulma

Autre registre, mais tout autant marginal et peu séducteur, Comment va la douleur distille au compte goutte le sens caché d’une affaire bien singulière. Celle de Simon, tueur à gages vieillissant, gravement malade de surcroit, qui veut en finir de la profession. Seulement, trop faible pour honorer son ultime mission, il lui faut un pigeon qu’il trouve par hasard en la personne de Bernard. Lui, grand naïf devant l’éternel, attaché à maman, sans copine, sans emploi est facilement séduit par ce rôle de chauffeur privé. Accompagner cet homme chic et riche dans le sud de la France sera la belle affaire. Rien n’est aussi simple dans les romans de Pascal Garnier. De bavures en rencontres imprévues, de manipulateur marionnettiste Simon cède aux caprices ingénus de Bernard le bon samaritain. La confiance s’installe finalement entre les deux hommes. L’argent a des pouvoirs de persuasions illimitées face auxquelles même notre saint Bernard ne va pas résister. Tout est dans cette notion du pacte qui les rallie, un contrat bien étrange, irréaliste et pourtant…



édouard louis bellegueule…

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édouard louis, 2013

Cette semaine la petite phrase de 1er roman qui semble captivant du jeune ouvrier normalien Edouard Louis. Une roman sur l’identité sexuelle et sociale

« Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d’entendre ma mère dire Qu’est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J’étais déjà loin, je n’appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j’ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l’odeur de colza, très forte à ce moment de l’année. Toute la nuit fut consacrée à l’élaboration de ma nouvelle vie loin d’ici. »

En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

Edouard Louis, romancier identitaire, En finir avec Eddy Bellegueule, Seuil, 2014



Maître Capela 22 : l’empreinte…

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Bonjour amis du pinaillage et autres curiosités linguistiques, revoilà notre incontournable et adorée Maître Capela, pour sa dernière chronique de l’an 13 !

Empreint et emprunt

Oui, cela peut vous sembler incroyable, mais je relève très souvent cette erreur, notamment dans des textes où l’on veut se donner un genre un peu savant ! Et on peut dire que cela discrédite leurs auteurs de manière irrémédiable (j’exagère ? ;-) )…

Emprunt : du latin mutare (échanger). Pour ne pas se tromper, on pense à emprunter.

Emprunt, c’est curieux, désigne à la fois l’action et l’objet : action d’utiliser quelque chose (objet, argent, etc.) qui appartient à un autre et aussi ce quelque chose que l’on utilise et qui appartient à un autre.

Empreint : du latin premere (appuyer en écrasant) qui donnera imprimerie, empreinte, ou prégnant.

Cet adjectif signifie « marqué par la pression » et il s’utilise toujours suivi de « de ».

Exemples : « Ton visage est empreint de colère, peut être veux tu qu’on parle des emprunts que je t’ai faits ? », « La langue française fait, ces derniers temps, de nombreux emprunts à l’anglais. », « Ses traits étaient empreints de gravité. »

Merci Maître Capela et rendez vous vite en l’an 14 pour de nouvelles aventures autour des mots et de la belle langue française…



christian gailly en roue libre…

la roue

… disparu depuis peu et il me manque déjà, voici le dernier recueil de Christian Gailly que j’ai étrangement lu en septembre. Mes impressions :

Christian Gailly, La roue et autres nouvelles, Les éditions de minuit

« Christian Gailly est le romancier de l’amour recherché entre ellipse et bifurcations. Écrivain discret mais reconnu (Prix France Culture pour Nuage rouge en 2000 et Prix inter pour Un soir au club en 2002), il compose, de livre en livre, un univers singulier, absurde, aux intrigues entre polar et amours jazz. Proche du courant minimaliste, Christian Gailly n’embarrasse pas son style d’une psychologie envahissante, ses personnages sont ancrés dans un quotidien incertain aux relations imparfaites mais souvent absurdes et comiques. Dans son dernier recueil de nouvelles, il s’agit à la fois de réparer une roue, penser à un cadeau d’anniversaire, confectionner un gâteau et autres mini histoires pour écrivain à la recherche de l’inspiration et de l’amour. Bref, toujours aimer une femme, là, pas loin ou soudain et par hasard retrouvé dans un bar. Ne pas rompre immédiatement, essayer de résister, tenter de la retrouver avant qu’il ne soit trop tard. Tout le style de Christian Gailly prend racine dans de petites situations quotidiennes et des phrases courtes comme la vie… »

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