derrière le rideau de pluie…

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michel séméniako, errances

… cette semaine la petite phrase extraite du roman photo « Derrière le rideau de pluie » de Guillaume Le Touze et Michel Séméniako :

« Au fil des années, j’ai grandi, tandis que mon père vieillissait, rien là de très original, sauf que ce double mouvement ascendo-descendant s’est déroulé sur deux parallèles qui, on s’en serait douté, jamais ne se rencontrèrent. Nos échanges demeurent courtois comme un déjeuner au consulat du Japon sur les terres volcaniques du Cap-Vert ».

Guillaume Le Touze, écrivain de l’absence et Michel Séménioako, photographe, Derrière le rideau de pluie, éd Thierry Magnier, 2007



la petite phrase de super maria de tricatel…

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… cette semaine la petite phrase de Super Maria entendue Au cœur de Tricatel le fameux label de musique de génial Bertrand Burgalat :

« La musique de Tricatel paraît superficielle, mais elle est émotive, comme une goélette aux voiles fléchées vers la stéréo… »

Savourer l’univers de Tricatel dans le disque Au coeur de Tricatel, une écoute sélective ici…



les miniatures de jean echenoz…

echenoz

photo, olivier roller, 2006

… cette semaine les petites phrases de Nelson, extraites du dernier recueil de 7  nouvelles de Jean Echenoz l’adoré, sortie le 3 avril dernier :

« Hiver 1802, manoir dans la campagne anglaise, l’amiral Nelson vient dîner. Les autres invités se pressent dès qu’il paraît au salon parmi les tentures, candélabres, cuivres, portraits d’ancêtres, peintures florales, fleurs. On l’admire alors qu’il revient de la bataille de Copenhague. Il a l’air fatigué, se dit-on mais qu’il est beau, pensent-elles. Fatigué, certes, il y a de quoi, après tout ce qu’il a vu ».

Jean Echenoz, écrivain de l’essence, Caprice de la reine , éditions de minuit, avril 14



toujours MD…

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photo christo, focus de la couverture Télérama du 5 au 11 mars 14

… cette semaine la petite phrase de la sublime MD (Marguerite Duras) incontournable et incontournée ici et à Bruxelles je sais. A l’honneur des Unes lettrées (on oubliera l’inconsistant dernier numéro de Lire sur MD) pour s’intéresser rien qu’à son oeuvre essentielle et nécessaire à ma/nos vie/s :

« Face à la cheminée, le téléphone, il est à côté de moi. A droite, la porte du salon et le couloir. Au fond du couloir, la porte d’entrée. Il pourrait revenir directement, il sonnerait à la porte d’entrée :  » Qui est là. – C’est moi. » Il pourrait également téléphoner dès son arrivée dans un centre de transit :  » Je suis revenu, je suis à l’hôtel Lutetia pour les formalités. » Il téléphonerait. Il arriverait. Ce sont des choses qui sont possibles. Il en revient tout de même. Il n’est pas un cas particulier. Il n’y a pas de raison particulière pour qu’il ne revienne pas. Il n’y a pas de raison pour qu’il revienne. Il est possible qu’il revienne » (…).

Margerite Duras, écrivain de la douleur, in La douleur, POL

MD in Sur les docks, France culture…

 



édouard louis bellegueule…

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édouard louis, 2013

Cette semaine la petite phrase de 1er roman qui semble captivant du jeune ouvrier normalien Edouard Louis. Une roman sur l’identité sexuelle et sociale

« Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d’entendre ma mère dire Qu’est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J’étais déjà loin, je n’appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j’ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l’odeur de colza, très forte à ce moment de l’année. Toute la nuit fut consacrée à l’élaboration de ma nouvelle vie loin d’ici. »

En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

Edouard Louis, romancier identitaire, En finir avec Eddy Bellegueule, Seuil, 2014



la petite phrase expérimentale de chantal akerman…

la petite phrase expérimentale de chantal akerman... dans idées cadeaux akerman-chantal

… cette semaine la petite phrase de la cinéaste et écrivaine Chantal Akerman qui sort son dernier livre expérience : Ma mère rit. Je l’ai entendu plusieurs fois sur France Culture et cela a l’air passionnant, sans doute éprouvant comme lecture et toujours expérimental comme son cinéma :

« Ma mère distille une angoisse insupportable et on la fuit pour ne pas être contaminé mais on est quand même contaminé et ma mère sent qu’on la fuit et qu’on la traite comme un meuble, enfin pas vraiment et même pas du tout mais parfois elle sent ça alors son angoisse monte et on la fuit encore plus ». (page 93)

Chantal Akerman, artiste en urgence, Ma mère rit..



simon le discret…

simon le discret... dans la petite phrase marchxl3

photo source : ici…

… cette semaine la petite phrase de Clélia Anfray extraite de son très beau premier roman que je suis en train de dévorer. Ou une certaine vision de Simon :

« Simon se sentit pitoyable. D’ordinaire déjà, il supportait mal son petit gabarit. Peu de succès avec les femmes, pas plus de cote auprès des hommes. Il avait bien tenté la moustache. Un galon de virilité discret, s’était-il dit, et puis il avait renoncé. »

Clélia Anfray, Le coursier de Valenciennes, Gallimard

Le coursier de Valenciennes…

 



impression poireaux…

impression poireaux... dans la petite phrase haiku1

… cette semaine la petite phrase… euh pardon, le petit haiku du poète japonais Matsuo Bashō (1644 – 1694) :

 » Poireaux lavés

poireaux tout blanc -

comme ils ont froids ! »

Matsuo Bashō, 芭蕉 dit le bananier…



arnaud rykner : c’est déjà bien assez…

arnaud rykner : c'est déjà bien assez... dans la petite phrase blog-christo

photo, christo, lors d’une exposition à Copenhague, août 13

… cette semaine, j’ai entendu un entretien à la radio qui me fit noter la petite phrase du nouveau roman / récit qui me semble fort passionnant d’arnaud rykner :

« on n’écrit pas les livres qu’on voudrait, pas plus qu’on ne vit la vie que l’on veut, on essaie d’écrire, on essaie de vivre… c’est déjà bien assez… »

arnaud rykner, La belle image, Editions du Rouergue, 2013

arnaud rykner du jour au lendemain…

rykner-arnaud_400px-150x150 arnaud rykner dans les mots élégants



la petite phrase de christian gailly…

la petite phrase de christian gailly... dans la petite phrase image

photo, christo, intérieur livre, 13 septembre 13

… cette semaine la petite phrase du beau, sec et court recueil de nouvelles de christian gailly :

« Sur l’écran il ne se passait rien. On entendait rien. Certaines choses nous le savons, peuvent se passer dans le plus grand silence, voire passer sous silence mais là non, rien ne se passait ni ne passait »

christian gailly, La roue et autres nouvelles, Les éditions de minuit, 2012

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