l’homme nue de tristan garçia…

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… il y a des rentrées scolaires, des rentrez par ici, des rentres dedans, des rentrées politiques… des rentrées littéraires, septembre est un peu accoutumé à cette habitude qui parfois me fatigue car elle frise l’overdose d’un nombre sidérant de livres que finalement (on) je ne lirai sans doute jamais. Mais en septembre il y a aussi ma (a seule qui compte pour moi) rentrée littéraire… qui est cette année concentrée sur quatre livres tant attendus ou dont j’ai entendu du bien jusqu’à les désirer sans les connaître… tout d’abord le livre « Je n’ai plus dix ans » de mon ami Thomas Gornet(l’école des loisirs)… ensuite « La meilleure part des hommes » premier roman du jeune Tristan Garçia,(gallimard)… en suivant « Bambi bar »d’Yves Ravey (éditions de Minuit) et aussi « Courrir » le nouveau et incontournable livre de Jean Echenoz (éditions de minuit).

Donc aujourd’hui pour vous (me) permettre de saliver avant d’acheter l’ouvrage voici un extrait du roman de Tristan Garçia… 

« 
Les années quatre-vingt furent horribles pour toute forme d’esprit ou de culture, exception faite des médias télévisuels, du libéralisme économique et de l’homosexualité occidentale. Dominique Rossi ne s’intéressa pas du tout à l’économie libérale. Plus tard, il regardera quand même la télé. Ce fut la Grande Joie ! Il répétait toujours ça. Est-ce que c’était une période inédite de l’évolution de l’humanité ou un cycle régulier de libération, d’émancipation des homos, j’en sais trop rien. « Ça ne ressemblait pas tant que ça à la Grèce antique, et plus du tout à Oscar Wilde» , rigolait Doumé, devant un verre de bourbon. Il était à New-York, il était à Londres, il était à Paris. « Rétrospectivement, je vois les années où le fric devenait une valeur sociale démocratique, où la Bourse, l’apparence, le look, le toc, le mauvais s’exprimaient dans une grimace généralisée de la planète, au grand jour. Esthétique pub de néons et de premiers écrans d’ordinateur Atari, fuseaux fuchsia, PAO et synthétiseurs. Le clinquant. »
Doumé éclate de rire.
« Nous… Pour nous, ça avait la couleur de l’amour – mais j’avoue que si j’avais été hétéro, ça aurait largement ressemblé à la fin de l’intelligence et à la couleur de l’enfer.« Mais moi, je baisais à l’époque, et on dansait. Ce n’était pas con, non, non. On sortait au grand jour, on s’éclatait, on avait le sentiment de l’appartenance. C’était la communauté, mais ça paraissait plus un univers qu’une prison. Ça changé par la suite. On comprend que c’est la même chose, au bout du compte. »
Dominique regardait ses pilules, toujours, avant de les avaler. Combien de fois il s’est trouvé assis sur ce fichu canapé rouge cerise, à côté de la chaîne stéréo. Il réfléchit.
Ce photographe l’a conduit au Palace, merde, jamais il avait ressenti ça. C’était un petit étudiant à lunettes, en chemise, même s’il était baraqué, on se sent toujours un enfant la première fois, et il marchait dans un couloir, avec le son des enceintes, les basses, surtout, qui vous prenaient au ventre ; il avait eu l’impression de marcher au milieu des colonnes et de soldats d’un temps ancestral, vers une arène. C’était violent, ça faisait mal, mais il y avait déjà le plaisir de penser que ce serait peut-être bon ensuite, un peu plus loin. Il allait pénétrer sur la piste de danse, la musique vous saisissait à l’estomac, il crut même franchement qu’il allait gerber, puis il a compris qu’il valait mieux se laisser ingurgiter par le son, comme un cœur géant qui nous faisait tous vivre et vibrer, à l’unisson. Il avait oublié Chostakovitch, Fauré, le bop et l’after-punk, tout ce qu’il connaissait, cette musique était vivante, elle était débridée, libre et contraignante à la fois, bien habillée et indécente. Il a appris à danser les mains au-dessus de la tête, et le pantalon sous les genoux, ensuite. Il a compris, comme chacun dans sa propre vie, qu’il était un corps. Il dansait – ce n’était pas agréable, au début, parce qu’il y pensait, puis il oubliait, et c’était bon parce que ce n’était plus bon, non, non, c’était bien plus que ça. Au diable le reste.
Et il jouissait.
« Merde, qu’est-ce qu’on pouvait jouir, à l’époque, je crois pas qu’on jouisse comme ça , aujourd’hui. »
Il ricana, se traita de jeune vieux con, de vieux jeune con. Il avait assez de conscience pour vous empêcher de le juger. Un temps. Un temps seulement. »

« 

La meilleure part des hommes, Tristan Garçia, Gallimard, 2008

… et là évidemment cela donne envie de plonger dans ce livre, de découvrir en miroir ce que nous avons vécu (à notre niveau) de ses fameuses années 80 et de leur ampleur sociale et personnelle… le roman de notre chemin, comme toujours incertain mais finalement traversé !

… à la semaine prochaine pour vous parler des autres pépites de « ma rentrée littéraire » que j’ai lu ou veut lire très prochainement…



le son océan de l’eau…

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Cette semaine j’ai le plaisir d’accueillir comme Invitée libre, l’amie NadS des côteaux de Lormont qui nous propose une évocation sur l’eau. Un texte que NadS a écrit pour les concerts de cet été de Philippe Cauvin, ce dernier ayant créé pour l‘été girondin 2008 un spectacle faisant référence à l’eau, 3 personnes lui ont écrit un texte dont celui là ; les musiciens ont lu et improvisé sur les textes. 

Voici dont la belle évocation… 

« longuement 

entendre le roulement de l’océan 

 

lentement 

marcher vers l’océan 

 

brusquement 

plonger dans les vagues 

embrasser l’écume salée 

le mouvement des vagues 

 

flotter les yeux fermés 

porté par la vigueur de l’eau 

 

écouter les yeux fermés 

le son océan de l’eau »

 

… mille mercis NadS pour ce beau texte, il est vrai que maintenant il ne manque plus que la musique pour enrober le tout… faute des improvisation de Philippe Cauvin nous pouvons peut-être nous rabattre sur La mer de Debussy !

La semaine prochaine j’espère avoir le grand plaisir d’accueillir ici Gb photos… à très vite donc…



l’homme parasol…

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photo, christo, berlin, août 08

… cet été lors de mon périple au pays allemand j’ai vu a Berlin de nombreuses choses renversantes et notamment près de la grande gare centrale dont j’ai oublié le nom imprononçable… un homme parasol qui vendait les fameuses Wurts ou saucisses allemandes tant recherchées… C’était étrange, j’ai pris la photo, il m’a souris avec tendresse et pourtant j’ai trouvé cela bizarre car je ne m’imaginais pas du tout faire ce qu’il faisait…

 

Nos capitales européennes sont renversantes… vous ne trouvez pas !

 

A la semaine prochaine pour de nouvelles aventures…

 



piedras la table ou le canapé…

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Allez vous avez envie de changer de table de salon… ou un petit cadeau à faire voici donc ce qu’il vous faut : Piedras petite table, issue d’une collection de mobilier de jardin créée par le designer Javier Mariscal, rappellera les rochers de vos plages d’été. Faite en polyéthylène, elle se plaira sur vos terrasses pour poser cocktails d’arrière saison pour seulement 268 euros !

Evidement ce n’est pas la table branlante et pas chère de chez Ikéouclone… mais il faut parfois savoir faire des choix ! Pour les plus riches d’entre vous il existe aussi un canapé mais le prix est à demander au distributeur pour ne pas trop vous effrayer ici !

Bon dimanche à tous…



une salle de bain orange…

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photo, christo, dordogne, mai 08

… j’ai toujours aimé les intérieurs, quelqu’ils soient du moment qu’ils ne laissent pas indifférent ou soient trop fade pour mon humeur. Voici donc dans la série Dans la salle de bain… une nouvelle vision très seventies ! Alors voici dans ma collection « Interieurs et extérieurs de charme ! » la salle de bain aux couleurs oranges d’un hôtel près de Périgueux dans lequel je séjourna pour mon travail en mai dernier.

Le tout était un hôtel aménagé dans une vieille ferme périgourdine, très ambiance cottage (mais en dordogne cela n’est plus si étrange et surréaliste que cela) avec une chambre très cosy à l’étage, mansarde et matelas confortable, charme un brin désuet et rassurant. La salle de bain fut un régal et me rappela celle de chez mes parents fin des années 70 (au fait observez ma main qui pointe le miroir !).

Savourons la mémoire des couleurs et des ambiances intérieures qui nous font voyager dans le temps et l’espace… A très bientôt pour d’autres impressions d’intérieurs côtoyés… en catimini…

 



le semeur de petits cailloux…

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photo, bordo goave

… c’est avec un grand plaisir que j’accueille aujourd’hui comme invité libre, l’ami Bordo goave qui dans un texte aux saveurs encore estivale nous invite au voyage, suivons le sans sourciller :

« Partir, voyager, s’évader…semer des petits cailloux.

Partir : Quitter un lieu ; se mettre en route ; s’en aller.

Voyager : faire un ou des voyages, être transporté en parlant de choses.

S’évader : s’échapper, s’enfuir d’un lieu ou l’on était enfermé, se distraire, se soustraire à l’emprise des soucis, se libérer des contraintes quotidiennes.

J’ai commencé à  partir, voyager, m’évader très tôt… en restant à la maison !

Quand j’étais adolescent, je voyageais grâce aux courriers que je recevais des multiples correspondants que j’avais de part le monde -Italie, Suisse, Gabon, Etats-Unis ,côte est et ouest,  et Canada-. J’attendais le facteur comme le messie. Et quand une lettre arrivait, en premier je regardais le timbre, puis je sentais l’intérieur de l’enveloppe et enfin je lisais la lettre. J’étais transporté car l’écriture me rapprochait de l’expéditeur et me faisais rêver !

Puis j’ai commencé à travailler. Le premier chèque de ma vie fut l’achat d’un billet d’avion pour Montréal.

Certaines personnes ramènent de leurs voyages des bouteilles avec du sable ou de la terre à l’intérieur.

Moi, quand je pars de chez moi, je mets des cailloux de mon jardin dans ma poche .

Quand arrive un moment , une émotion, une rencontre, un instant dont je vais me souvenir longtemps, je laisse un petit caillou sur le lieu.

Ainsi, il y a un petit caillou de mon jardin dans une vallée du sud du Maroc où je suis allé me laver dans un torrent glacial à la levée du jour alors que tout le campement dormait encore. Un autre petit caillou se trouve en Inde où indiscrètement j’ai regardé quelqu’un faire ses prières. Un autre encore sur une plage de Nouvelle Zélande parce que tout simplement c’était mon dernier soir dans ce pays qui m’avait profondément touché. Un autre petit caillou se trouve à coté d’un énorme Banyan aux Marquises car on peut aussi ressentir quelque chose pour un arbre !  Mais ça peut-être aussi lors d’une soirée, d’une exposition, ou la lecture d’un livre ou la vision d’un film ou de bien d’autres choses.

 Alors, peut-être, sans le savoir avez-vous chez vous, un petit caillou de mon jardin.

 Un petit caillou, une belle émotion.

 Et je suis heureux, parce que  je sais que j’ai encore plein de petits cailloux dans ma poche ! »

christian ou mister bordo goave, septembre 08

Merci l’ami de nous faire rêver en cette rentrée occilant entre soleil et gris clair… à la prochaine pour de nouvelles aventures.

La semaine prochaine nous espérons pouvoir accueillir ici NadS l’amie du côteau de Lormont

 



je suis tic toc choc comme couperin et alexandre tharaud…

Image de prévisualisation YouTube

… depuis samedi j’écoute avec fougue et de manière discontinue Tic Toc Choc de François Couperin par le talentueux et charmant pianiste Alexandre Tharaud :

« L’artiste ne cherche nullement à maquiller son piano en clavecin ni à le priver de nuances dynamiques et chromatiques. Il utilise au contraire la possibilité d’éclairer une voix, de souligner une figure mélodique ou de dégager une ligne de basse. Et si son clavier semble aérien, prompt à réagir à la moindre sollicitation digitale, il sert davantage la fluidité du mouvement que la vivacité des attaques. »

« Tic Toc Choc titre l’éditeur en référence à l’irrésistible déanchement du « Tic-Toc-Choc ou les Maillotins » issu du Dix-huitième Ordre. Il y a peu de tic et de toc, encore moins de maillotins, dans ce triomphe de la courbe. Reste le « Choc », resplendissant et incontestable. » Philippe Venturini, Le Monde de la Musique, 2007

… je ne peux que vous conseiller ce disque pour un automne des plus harmonieux… 



l’inconnue nommée &…

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source : druide

Avec Trotinella on se disait il n’y a pas si longtemps… mais c’est renversant on utilise certains symboles ou caractères de typographie et nous ne savons mêmes plus soit ce que cela veut dire et le plus souvent comme le signe ce nomme. Voilà donc ce jour le fameux « & » que personnellement j’adore et utilise très souvent dans mes textes professionnels ou mes courriers personnels…

Vous savez comme s’appelle ce « & »… oui, non, vous avez su, vous ne vous rappelez pas… allez un petit effort… et bien il s’agit de l’esperluette… c’est si beau que j’ai envie de l’utiliser tout le temps… attention mes conversations vont avoir un petit air bizarre très prochainement.

« D’un point de vue typographique, la soudure de deux ou plusieurs lettres en un seul caractère est appelée ligature. Par exemple, le caractère & (l’esperluette) est une ligature représentant sous une forme stylisée les deux lettres du mot et. De même, dans certaines polices de caractères, certains groupes de lettres (fi, fl, ffi, etc.) sont remplacés par des ligatures « typographiques » qui remédient à la rencontre inesthétique de ces paires de lettres. D’autres ligatures typographiques sont purement décoratives. La ligature œ est quant à elle une ligature « linguistique » ou « orthographique », dans la mesure où, en français, elle est obligatoire pour certains mots (cœur) et interdite pour les autres (coexister), peu importe la police de caractères utilisée ». (source : druide)

L’esperluette, également appelée « perluette », « perluète », « esperluète » ou « et commercial », est le logogramme &. Elle correspond à la conjonction et, et a le même sens que celle-ci.

Son inventeur serait Tiron, également auteur de la première méthode de sténographie décrite, les notes tironiennes.

Merci Trotinella de cette belle idée si élégante et renversante de faire revivre ce signe, à la semaine prochaine pour de nouvelles aventures…

 



une sieste en ombre chinoise…

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photo, christo, sleep ombres, bordo, 7 septembre 08

… parfois faire la sieste est nécessaire et salvatrice, et quand soudain le soleil ressurgi et transforme mon rideau en ombre chinoise je me crois en asie et je repense à Kitano, Soseki, Ozu, Sakamoto… et je suis bien. Je vous souhaite ce même dimanche à vous… avec vos propres ombres chinoises…



ils sont élégants…

lgumesland.jpg

photo, christo, légumes land, bordo, 6 septembre 08

… aujourd’hui j’ai rencontré plusieurs amis aux conleurs pimpantes, aux coeurs intenses, aux chapeaux assortis… ils sont élégants dans leurs tenus de soirée… mais ils ne verront pas demain… sacré destin !

vous pouvez retrouver mes amis ici

 



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