Bastien Lucas a l’angoisse de la page blanche…

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c’est tellement beau que cela repasse en deuxième semaine,

… quelle grande et belle surprise L’invité libre de cette semaine est mon ami Bastien Lucas, auteur, compositeur et interprête d’un univers intime, doux et poétique. Vous voulez faire découvrir l’album de Bastien à des amis en toute légalité ? C’est maintenant possible… Essai est référencé sur Deezer. Mais pour l’instant, silence, place au mots, beaux, élégants et bien agencés… :

« L’angoisse de la page blanche…

Je l’éprouve parfois, mais plutôt rarement.

Alors pourquoi aujourd’hui ?

Cette hésitation d’une force et d’une durée variable face à un support vierge est-elle la marque d’un vertige face à tout ce que l’on pourrait faire de cet espace libre ou d’un découragement d’avoir encore tout à faire pour transformer ce vide en pensée ? S’agit-il d’une forme d’intimidation en regard de tout ce qui a déjà été écrit, ou le silence forcé d’un vocabulaire défaillant ? Le blocage vient-il d’un sentiment que tout cela est vain puisque toute tentative de communication est condamnée à une part d’imprécision voire de malentendu, ou d’une éducation qui inculque l’économie de nos ressources (temps, papier, encre) et la sacralisation de ce qui est vierge, pur, conduisant à une culpabilisation d’entacher l’immaculée conception ??!! Je m’emballe : peut-être n’est-ce simplement qu’une question d’amorce, de première phrase à lancer ?

Face à ces problèmes, les solutions semblent couler de source, et souvent en cascades : il me suffirait donc de choisir un sujet qui m’appelle et sur lequel je me sens capable d’apporter quelque chose (quitte à choisir plusieurs idées) et je retrouverais ainsi l’énergie et la motivation de l’effort à fournir. Convaincu alors de l’intérêt de ce que je peux écrire, et par la même occasion armé d’un certain orgueil qui me pousserait à aller puiser les mots justes dans les méandres de mes pensées ou d’un dictionnaire, j’accepterais et exploiterais même les imperfections de la langue. Enfin, il me resterait à rabattre mon travail sur des ressources moins précieuses (un peu de temps laissé libre, un papier brouillon, peut-être même déjà griffonné, un stylo publicitaire !). Finalement, l’équation reviendrait à donner plus de valeur à ce que l’on peut exprimer tout en démystifiant l’acte d’écrire.

Reste le problème du début. Finalement, on en reste au commencement…

La première phrase, l’accroche, porte bien son nom. Sensée attraper le lecteur, l’intéresser à la suite, elle tenaille bien plus l’auteur qui la guette attentivement, la harcèle rageusement ou la sculpte minutieusement.

Je me le rappelle, on a tenté de m’enseigner qu’en matière de dissertation, il faut toujours écrire l’introduction en dernier. Personnellement, je n’ai jamais pu. En dernier, quand le temps se fait pressant, quand l’énergie peut venir à manquer, quand on est imprégné avec obsession de son sujet, il faudrait écrire la plus délicate phrase, celle qui devra amener avec naturel le lecteur sur le terrain du sujet et lui donner envie de lire ou d’écouter la suite ? Mauvaise idée mais qui donne au moins une piste : pourquoi chercher à commencer par le commencement ? L’intérêt d’écrire est d’avoir une vision globale du discours, et donc pouvoir se balader à l’intérieur, remonter plus tôt, repousser une idée plus loin dans le déroulement ; en bref, réorganiser à volonté le contenu et la forme. Alors, cet avantage majeur sur l’expression orale devrait nous libérer de la paralysie craintive du moindre mot. Rayons, fléchons, corrigeons, nuançons, annotons, questionnons mais écrivons ! La ou les pages ainsi entamées seront la preuve qu’un élan est en cours. Car finalement, le problème de la page blanche est conforme aux lois de la physique qui veulent qu’il faille toujours plus d’énergie pour se mettre en mouvement que pour y rester. Dans ce cas, conformément à cette loi de l’inertie, il serait également plus difficile de s’arrêter une fois que l’on est lancé…

C’est là qu’intervient l’angoisse du manque d’espace. C’est là qu’on voit la plage dans laquelle nous devions nous exprimer toucher à sa fin, que chaque mot nous semble long et nous amène bien trop vite au bord, qu’on commence à rétrécir son écriture pour finir comme ces chansons ad libitum qui se fondent progressivement dans le silence, et qu’on en vient à étouffer la flamme qu’on avait tant peiné à allumer. C’est là qu’on se rend compte qu’on n’a pas été assez précis, qu’on n’a pas tout dit, et que finalement on en arrive à se rassurer en espérant qu’il y aura d’autres pages blanches… ».

Basiten Lucas, 2 avril 2008

Merci beaucoup Bastien, et pour vous tous sachez qu’il sera sur Bordeaux en mai 2008 pour deux concerts dans la série Concerts chez soi, nouveau concept organisé par l’indispensable asssociation Bordeaux chanson… soyez attentif nous en reparlerons ici… très vite…

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photo, bastien lucas, avril 08



10 commentaires

  1. quand on a des amis ! 2 avril

    un beau texte, une belle surprise ce matin ici et l’envie d’assister à la série des concerts en appartement ! que du bonheur ! à bientôt bastien et merci christophe…

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  2. christorama 2 avril

    il y des jours où tout est beau et beau… c’est l’effet bastien lucas !

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  3. Gilles 3 avril

    hé Spiderman !
    c’est Bastien pas Basien…

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  4. christorama 3 avril

    merci gille(tte) !
    j’ai rendu sont « T » à l’ami bastien… tout est bien qui fini bien… bonne journée

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  5. Petite souris 4 avril

    Très joli texte, magnifiquement écrit et composé… Un petit bonheur pour commencer ma journée, merci Bastien et Christo !

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  6. christorama 5 avril

    c’est vrai que ce texte est sublime… il y a de quoi en être jaloux ! merci bastien

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  7. Francky 01 25 septembre

    Très beau texte sur un sujet qui me tient à coeur, « l’angoisse de la page blanche ». La difficulté d’exprimer en mots ce que l’on ressent, de coucher sur le papier (même numérique progrès oblige) ses sentiments, ses avis, ses analyses sur diverses choses. Arriver à être précis, utiliser le Bon mot.
    Cette angoisse, je l’éprouve souvent, frustration de ne pas arrivé à produire un véritable récit, avec un début et une fin digne d’intérêt. D’où mon immense admiration pour les véritables écrivains. Pas les bricoleurs de mots comme moi !
    A +

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  8. uzum 23 janvier

    ouaou sa fait bizar de vous voir sur lordi en le chod

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  9. Travette 12 septembre

    c’est Bastien pas Basien…
    Annuaire Pages Blanches

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  10. christorama 12 septembre

    ok mais cela n’apporte pas grand chose à la note !

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